Le jeudi 25 mars 2010, l’ASIC a organisé une conférence sur la neutralité d’Internet, histoire de préparer les esprits au colloque, tant attendu, de l’ARCEP. J’en étais et je dois avouer avoir été très agréablement surpris par l’accueil réservé à cette petite causerie. En effet, la salle était comble et les « feedbacks » sont conséquents.

Ce succès est très encourageant. Voilà plus d’un an que je suis le débat sans rien voir venir. On en parle depuis longtemps sur le continent américain et on a déjà bien avancé sur le sujet en Norvège. Et en France? Jusqu’à présent pas grand chose, si ne n’est quelques déclarations fracassantes de certains opérateurs.

Par conséquent, la monté en puissance du sujet en France est une très bonne nouvelle, car rapidement il faudra passer à l’action. En effet, la transposition du paquet télécom posera inévitablement la question de la réglementation relative à Internet et il faudra être prêt.

L’évènement organisé par l’ARCEP est lui aussi fondamentale puisqu’il devrait largement influer sur ses travaux à venir. L’autorité a, d’ailleurs, annoncé qu’elle  cristalliserait sa position dans des lignes directrices qui pourraient constituer le socle des futurs textes règlementaires et législatifs.

La neutralité est une question qui concerne chacun d’entre nous,  l’issue des débats qu’elle soulève determinera ce que sera l’«Internet » de demain . Plus précisément, que pourra-t-on trouver derrière ce terme? Un accès universel vers le monde numérique? Un accès à une culture élargie et à l’information? Ou bien, sera t-il simplement le terme utilisé pour désigner le menu composé par votre opérateur : un ensemble de sites, de contenus et d’applications négocié avec quelques gros acteurs du web. Par conséquent, il y aura l’internet d’Orange, l’Internet de SFR, etc….

On peut également se demander quelles seront les conditions d’accès à Internet. Nous vendra-t-on un internet hyper segmenté et inégalitaire? Le consommateur aura alors le choix entre un Internet du pauvre, pas moins cher qu’aujourd’hui, avec peu de services, et un internet du riche, très onéreux, qui serait en fait celui qui est aujourd’hui accessible au plus grand nombre.

Il est donc urgent que la confrontation des idées est lieue et surtout qu’elle ne reste pas limitée à une confrontation entre quelques grands acteurs de l’industrie (géants du Web et Opérateurs). La neutralité d’internet est un débat qui appartient à chacun d’entre nous.